
Déjà un mois que nous sillonnons l’île avec nos bicyclettes et déjà de très belles découvertes, rencontres et surtout beaucoup de dénivelés dans les jambes. Un mois d’une grande richesse.
Des gens adorables, qui nous ont appris énormément sur une île théoriquement française. L’ambiance n’a rien de française, beaucoup plus « Roots » et accueillante pour notre plus grand plaisir. Clairement le contact avec les gens, fut beaucoup plus agréable que la rudesse de certaines montées extrêmes. Il est fréquent de grimper des pentes allant de 15% à 25 %, heureusement, alterné par de petites portions moins raides à 6-7%. Ahah tout est relatif. Mais que dire des gens qui s’arrêtent sur la route et font demi-tour pour nous prendre en photo et nous faire des gros pouces en l’air. Le mal de jambe est vite oublié et le cœur vite réchauffé.
Apparemment, le cyclovoyage en Martinique est inexistant, et beaucoup nous disent que l’on se fera tuer sur la route. Ceux-là n’ont jamais fait de vélo sur l’île. Les conducteurs sont d’un respect envers nous qui est irréprochable, ils ralentissent, doublent avec de la marge et surtout, nous font de grands sourires qui nous boostent, tout comme leurs klaxons.

Ci-contre: Les routes martiniquaises présentent souvent ce large bas côté qui nous sert de piste cyclable.
Que dire aussi des paysages tous plus surprenants les uns que les autres. Le nord avec sa végétation luxuriante et ses routes ultras sinueuses nous a charmés. Le sud relativement plat et sec regorge également d’endroits sauvages et de plages paradisiaques.
En témoignent les photos, la richesse naturelle très diversifiée de la Martinique est tout à fait comparable à la Nouvelle-Zélande qui est un « must » dans ce domaine.




















Cependant, des côtés vraiment sombres entachent l’image carte postale et paradisiaque du lieu. Il est important de parler de l’envers du décor.
La pollution massive des sols et de l’eau par un pesticide (Chlordécone) utilisé dans la monoculture de la banane, jusque dans les années 90, entraine aujourd’hui de graves conséquences sur la santé des Martiniquais, notamment des cancers, mais également sur les écosystèmes et la capacité de produire sainement de la nourriture.. Malheureusement, cette molécule peut persister jusqu’à 700 ans dans les sols…
L’île est encore gérée aujourd’hui par les descendants des colons (bekets) qui ont le monopole de l’activité économique et la quasi-totalité des terres. Le coût de la vie est de ce fait 20-40% plus cher qu’en métropole car l’import/export transite par leur business. La page du colonialisme ne semble pas terminée. Certains Martiniquais rencontrés, nous ont clairement exprimés une forte désolation vis à vis de cette situation, puisqu’aucune possibilité d’évolution et d’avenir ne leur est proposée.
Depuis 1 semaines, nous avons commencé un travail en échange de la nourriture et du logement et qui s’inscrit dans un projet visant à planter un million d’arbres en 5 ans en Martinique. Beaucoup de travail en perspective aux Jardins partagés de Gaïac, mais qui a du sens, à nos yeux, surtout dans cette région du Morne Rouge. Déjà 330 arbres plantés et beaucoup d’autres à venir. On vous racontera ça dans un prochain article.
Steve