Chapitre Thaïlandais

Je n’ai presque rien vu de la Malaisie, mais par contre j’aurais taraudé la Thaïlande dans une grande diagonale de 1700 kilomètres. Ici : beaucoup de sourires, de nombreuses journées de pluie et plein de trucs bizarres à manger.

Dans le prolongement de l’Indonésie

De Timor en Indonésie jusqu’à Langkawi en Malaisie, où je suis revenu, c’est un peu plus de cinq mille kilomètres parcourus en voilier le long de l’archipel indonésien. Cette grande ligne en forme de sourire dessine ce qu’on appelle l’Arc de la Sonde.

Cet arc est la partie émergée des volcans qui naissent à cette limite de plaque tectonique. En continuant vers l’Ouest par Phuket, j’ai vraiment l’impression d’arriver au bout d’une étape géographiquement. Je ne peux plus naviguer à l’Ouest par la mer, car en ce moment les vents ne sont plus favorables à atteindre les îles Andamans et Nicobar.  

Pour quitter Langkawi, je pars en ferry, qui accepte assez facilement mon vélo pour un supplément au ticket passager. L’équipage essaye bien de me convaincre de rentrer mon vélo dans le fond de la cale puis d’entasser les colis au-dessus du vélo, mais je ne démords pas, mon vélo rentrera avec moi dans le ferry comme un passager. La meilleure méthode ici est la patience combinée à un sourire tout en restant très ferme.  Je passe ainsi de Langkawi à Satun, puis Pak Bara puis Krabi.

Escalader me ramène à l’origine de ce tour du monde

Je mets le pied sur ce continent Asiatique sans plus de préparation, je suis le flow, et les suggestions des personnes rencontrées sur la route. Une seule chose est sur, je dois trouver un cargo à Phuket pour mettre en place mon plan A (rejoindre l’Inde par la mer). Et que j’ai un peu la flemme de passer par la terre alors qu’il y a plein de ferry qui rejoignent des iles superbes pour atteindre Phuket.

Il se trouve qu’Esmeralda et Vanessa, deux backpackeuses espagnoles rencontrées à Krabi m’informe d’une plage appelé Tonsaï. Ça fait tilt dans ma petite tête de grimpeuse. Il y a encore quelques jours, je ne savais pas que the spot, tonsai beach, serait sur ma route. Pourtant, ce topo d’escalade m’avait été offert par ma sœur à mes vingt ans.

Je reste trop peu de temps à Tonsai, mais c’est un régal. Je redécouvre ma première passion. J’ai l’impression de me retrouver vraiment. Vingt-deux ans de grimpe, commencé à l’âge de 11 ans en club à Belfort sur les fortifications Vauban en 2002. Honnêtement, le vélo n’est qu’une excuse pour se déplacer, mais mon filon, c’est la grimpe.

Je me fais rouster dans du 6a, peu m’importe, je me fais tellement plaisir. Les stalactites et l’ambiance sont spectaculaires même si on grimpe au niveau de la mer, l’eau turquoise et le sable blanc sont tout aussi cool que la neige et le granite.

Je loue le matériel à Railay Beach, car je n’ai ni chausson, ni corde, ni baudrier dans ma sacoche. Ceux-là m’attentent au Népal. Umesh, qui rentrait à Katmandou en juin, a généreusement embarqué mon sac d’expé avec lui.  

La mer, la grimpe et le vélo, ça me rappelle Égéepopoulos, un combo escalade et vélo que j’avais réalisé autour de la mer Égée en Grèce et en Turquie (https://egeepopoulos.wordpress.com). C’était si dur d’enchaîner vélo et grimp l’un derrière l’autre, mais quelles découvertes : les Météores, Milos, Santorin, Kalymnos… Ce fut aussi dans ce périple, que l’idée de tour du monde est née, une envie démesurée (littéralement) de parcourir la terre à deux-roues et sans moteur, c’était en 2014. Déjà dix ans.

Koh Phi Phi (Selfiefie)

Il y a peu d’endroits au monde où je regrette d’être allé, mais alors là, Kho Phi phi en fait partie. C’est une mascarade autour du film The Beach avec Leonardo DiCaprio à ses vingt ans, qui oui, je l’avoue, me faisait totalement craquer au moment de sa sortie en l’an 2000.

Maintenant, c’est selfie-land, malgré la beauté du site, je deviens agoraphobe et selfiephobe. Les deux iles, Kho Phi Phi Lay que Kho Phi Phi Don, sont d’une beauté à couper le souffle, mais totalement défiguré par le tourisme de masse.

Le seul point positif est une rencontre d’un couple de cyclovoyageur français mais sans vélo. Ils ont débarqué depuis les Ecrins à Bangkok avec leur VTT, mais une chute à mis un terme à l’aventure à vélo. Emilie et Michel entament la discussion sur le ferry quand ils ont vu mon vélo. Du coup, ils se la coulent douce en amoureux sur cette île qui pourrait être paradisiaque.

Ce paradis bleu, du bleu des bouchons et des bouteilles d’eau minéral coincées dans le sable et dans la bouche des singes, en monticules dans les baïnes et en montagne derrière les collines des routes moins fréquentés, que les centaines le touriste lambda préfèrent éviter du regard.

Toutefois, en ramassant, je donne envie à quelques autres de se rendre utile, on nettoie une crique en quelques minutes sous les regards gênés d’une majorité. Je crois qu’il y a plein d’autres personnes qui essayent d’éviter de consommer du plastique et qui ont envie de contribuer, mais ont peur de passer pour un con. Alors, en me voyant, ils se précipitent eux aussi car ça les démangeait. Bien sûr, ça finira dans une zone d’enfouissement à Phuket qui débordent déjà, mais c’est cela de moins dans l’estomac des singes et des poissons de cette île.

Ce n’est pas spécial à la Thaïlande, c’est malheureusement partout sur ma route. Chacun à sa responsabilité, et surtout toutes la chaine de production comme Nestlé, dont leur logo flotte dans toutes les rivières et océans du monde. Après 24 heures, il était grand temps pour moi de fuir ce genre d’île et de sérieusement réfléchir à la suite.     

Plan A

Arrivée à Phuket, l’objectif est clair : prospecter pour trouver un cargo. Je dégotte une auberge pour moins de 3 euros la nuit, ce qui me permet sans grand frais de rester quelques jours pour mes recherches.

Un peu trop tard, j’apprends que Phuket n’est pas le port stratégique pour partir en Inde malgré sa position face à l’Ouest. Alors que, si les flux commerciaux en provenance de Chine passaient par là, cela éviterait un détour de 1200 km contournant cette étroite bande de terre entre la mer de Chine et la mer Andaman.

Cela fait sens, et pas que pour moi, car il y eut pendant un temps un projet de Canal Thai justement dans l’Isthme de Kra, afin d’éviter ce détour et la piraterie de Malacca. Le projet est abandonné 2020, du coup, les grands ports thaïlandais restent encore Bangkok, Laem Chabang et Songkla.

En plus, c’est fini les années 90, où les voyageurs à vélo pouvaient monter à bord d’un cargo. Je suis passé au Port Maritime et après avoir consulté divers agents, la réponse est négative : pas de cabine, pas de passager.

En parallèle, j’ai reçu la même réponse d’Asian Tigers group, Royal Phuket Marina, Maersk et Siam Shipping. Apparemment, ce serait encore possible autour des continents américain et africain, mais plus du tout en Asie.

Le plan A tombe à l’eau, et je mets quelques jours pour étudier les prochains kilomètres à travers la Thaïlande directement vers le Nord, le Laos, la Chine puis le Tibet.

Phuket

La ville de Phuket n’est pas terrible. Les scooters, tuk-tuk, et gros pickups fourmillent. Et il y pleut nettement plus que sur les iles.

Je ne garde pas un souvenir impérissable de Phuket, d’autant plus que j’y vis mon premier accident. Ironie du sort, ce n’est pas à vélo-couché que j’ai un accident, mais à pied ! Rien de grave, mais je me fais renverser au ralenti par un pick-up aux vitres fumées.

Pas de bobo, car le conducteur roulait au pas, mais une bonne frayeur quand même. Je traversais avec ce pick-up sur ma droite qui ralentissait, donc en toute logique, qui était censé s’arrêter. Puis, prête à m’engager de l’autre côté de la route, le pick-up me pousse à terre au ralenti.  

Je ne comprenais vraiment pas pourquoi le chauffeur ne s’était pas arrêté. Il baisse sa fenêtre noire et j’aperçois le type avec l’air affolé, le téléphone à la main. Avec le contraste des vitres impossibles pour moi de réaliser qu’il regardait son téléphone depuis le début. Situation tellement absurde mais si populaire à cette époque débile des smartphones. Heureusement qu’il n’allait vraiment pas vite, sinon, tout se serait arrêté à Phuket.

Avant de quitter la province de Phuket vers le nord, je descends tout au sud de la presqu’ile au cap Promthep, où je dis au revoir à l’océan indien qui m’avait amené jusqu’ici depuis Darwin.  

Roue libre

Détroit de Pak Prah, Pont de Sarasin : je quitte l’île de Phuket et donne les premiers coups de pédale vers le Nord, qui sera mon cap pour les prochains mois. Finalement, je me suis faite à l’idée de cette grande ligne vers la Chine que je trouve assez esthétique.

Les premiers kilomètres jusqu’à la réserve Phang Nga sont assez chouettes, les montagnes en pain de sucre font cartes postales malgré une pluie presque omniprésente. Les routes sont larges et en bon état avec des passants me souriant et me montrant des pouces en l’air.

Je découvre le Pad Thai, qui est un mélange à base de nouilles plates de riz sautées acidulé-sucré-salé-épicé agrémenté selon les variantes avec soit des légumes, poulet, crevette, moules, crabes ou tout d’un coup. C’est mon repas quotidien à 15h. Un petit-déjeuner et un déjeuner tard me suffiront. En Asie, c’est assez simple pour les repas, il y a toujours un boui-boui où manger n’importe où et du jour comme de la nuit.

C’est assez impressionnant le nombre de temples au bord de ma route. Je découvre avec des yeux inexpérimentés les exubérances de leurs couleurs, les facettes à miroirs et les Nāga, gardiens serpents légendaires à plusieurs têtes. 

Au début, je m’arrête un temple sur deux, mais au bout de quelques jours, j’en ai vu tellement que je ne m’arrête plus. Autour des temples se trouve toujours un monastère occupé par de nombreux moines de 7 à 77 ans. Ils occupent souvent la place centrale des villages. En fait, ici, tous les hommes ou presque, un jour ou l’autre, entrent dans les ordres pour une semaine à quelques mois, afin de garantir à leur famille un bon karma. Au vu de ma rencontre avec un certain papi flippant, cela ne réussit pas à tout le monde.

L’habit ne fait pas le moine

Un jour l’orage est arrivé si vite, que j’ai à peine eu le temps de remarquer les nuages noirs et de capter une sorte fumée blanche dans mon retro. C’était la pluie battante sur le macadam qui me fonçait droit dessus.

Pas le temps de réfléchir où serait l’endroit idéal pour s’arrêter, c’est là tout de suite maintenant. Du coup, je me retrouve le dos contre une bâche verte, sous un toit de tôle qui fait un vacarme abrutissant.  Après quelques minutes, la bâche derrière moi se soulève, c’est un petit bonhomme qui ouvre sa gargote.

Je partage un Pad Thai à côté d’un papi sympa, qui me propose de conduire d’une trentaine de kilomètres pendant l’orage. Il me passe même son fils en visio car il parle français (j’aurais dû trouver ça bizarre). Sur whatsapp il me met en conversation avec son fiston accompagné d’un ami français qui me confirment que le Padre veut me rendre service.  Ok, bon, j’accepte, j’en ai marre de la pluie.  

On roule et puis au fil de la discussion, le type se penche de plus en plus vers moi pour me parler, alors que je l’entendrais toujours aussi bien, même s’il restait à sa place. Il me pose des questions étranges, qui constituent ce que j’appelle des drapeaux rouges : « pourquoi voyages-tu seule ? Où dors-tu le soir en général ? Ce soir es-tu seule ? Mon sang ne fait qu’un tour, je dois me sortir de là. Il n’est pas tout net le papi.

Je prétexte que l’endroit que nous venons de traverser est idéal pour moi à vélo, et j’ouvre la porte avant qu’il s’arrête, par peur qu’il verrouille les portes. Une fois arrêté et prête à sortir il me montre sur son portable google translate « ce soir tu restes avec moi ».

Avec ce dernier échange à l’impératif, la moutarde me monte au nez. La petite taille et l’âge du type me donnant l’avantage de la force, je lui balance la vérité au nez, je n’obéis à personne, que c’est non, qu’il est cinglé, et qu’il doit immédiatement arrêter ses conneries.

Je grimpe à l’arrière du pick-up, puis redescends à pieds joints avec le vélo dans les bras. Je ne sais pas comment j’ai fait pour ne pas me flinguer un genou. Une fois que tout est sur le bas-côté, je lui signifie que je suis entrain d’appeler les flics en filmant le véhicule, la plaque, son visage. Gros bluff. Il part. L’option deux était ma mini lacrymo et l’option trois était la machette. Il avait l’air pourtant sympa le petit papi, mais encore une fois, l’habit ne fait pas le moine, en Thaïlande non plus !

Il a l’air cool le papi ?

Toujours vers le Nord

La route est belle après Surat Thani, j’évite les villes par la côte Est ou par des chemins sympas le long de la voie ferrée. Je reste en dehors la cordillère centrale indo-malaise, la chaîne montagneuse qui va depuis le Tibet jusqu’à l’extrémité sud de la péninsule. Les kilomètres défilent, c’est assez exaltant, surtout à vélo couché, car en général, dès 13h je cumule déjà 95 kilomètres derrière moi. Je remonte Chumpton, Prachuap Khiri Khan puis Phetchaburi.

Les routes sont en bonnes conditions et les Thailandais savent conduire tranquillement et prudemment (quand ils ne sont pas au téléphone). Il y a même un réseau de pistes cyclables assez spectaculaire sur la côte. Je suis souvent la seule cycliste. Ce sont à 99% des motos qui empruntent cette voie, mais ils roulent tranquillement, et quand ça m’arrive de les dépasser, cela les fait mourir de rire.

Je retrouve petit à petit le soleil en journée, mais la nuit, la pluie persiste. Je plante la tente proche des temples ou carrément sous une annexe des temples. Mais les nuits sont mauvaises. La chaleur étouffante me réveille dégoulinante, et si je dors à poil, il y a des mecs errants qui viennent reluquer. Je ne me sens pas en sécurité. Les chiens, nourris par les restes des moines, pullulent autour des temples, et adorent se battre avec les singes toute la nuit, ce qui clôture le cocktail parfait pour des nuits blanches. Du coup en fin de journée, préfère trouver une petite chambre pas cher pour être en forme le lendemain et repartir.

Constructeur Thai de vélo couché

Ma petite routine va être interrompue lorsqu’un matin, un vélo couché à trois roues (trike) se mets à ma hauteur pour papoter. Nong se présente très poliment, il construit des vélos couchés et sa femme m’a aperçu par la fenêtre de leur cuisine, et le lui ordonna d’aller à ma poursuite. Ce pourquoi, il me demande de venir chez eux faire connaissance.   

Ce n’est pas tous les jours que je croise un autre vélo-couché aussi bizarre que le mien. Wei est hyper enthousiaste à mon arrivée et heureuse que son mari m’ait retrouvé. Je suis servi et accueilli comme quelqu’un de la famille.

Quelle est la chance que mon itinéraire croise un constructeur de vélo couché de Thaïlande ? Soyons honnête, d’une part, qu’il existe des vélos couchés en Thaïlande, cela frise l’impossible mais alors, que Wei lève les yeux à l’instant où je passe devant leur fenêtre, c’est une statistique invraisemblable. Je découvrirai plus tard qu’il deux autres passionnés de vélo couché en Thaïlande et qui construisent leur machine à la main.

Nong est un ingénieur retraité de Bangkok avec un passe-temps peu commun en Asie, il construit des vélos allongés de toute sorte : vélo couché, tandem couché ou trike. Je suis fan de son prototype de protection contre la pluie en alu et hyper légère.

Dans mon voyage, je me suis d’ailleurs souvent demandé si un toit serait la solution idéale pour cette position, qui empêche d’utiliser les caps de pluie (pour de raisons évidentes de mouvement) et aussi les pantalons imperméables pour l’usure prématuré au niveau du siège. Nong me propose d’en faire l’expérience.

En essayant les vélos de Nong, je réalise que cela me gâcherait une partie de la vue incroyable que j’ai, et surtout, que cela me ralentirait, l’aérodynamisme serait bien moins efficace. Je suis à vélo pour être au contact des éléments après tout, pas pour me mettre dans une autre boite.

Après la découverte de l’atelier, nous partons à trois en virée visiter le coin. Trois vélos couchés qui se suivent cela fait un drôle d’effet en Thaïlande (en France aussi). La ville entière se retourne à notre passage, on bombarde, c’est assez fun. Je préfère mon deux-roues, qui se penchent dans les virages. C’est beau de rouler avec ce couple amoureux et complice, et qui s’amusent autant avec leur machine.

 Le marché de nuit en Asie est une institution, on y trouve de tout, ce qui peut être mangé et tout ce qu’on ne voudrait pas manger en tant qu’européen.  J’y suis invité, tout comme à rester chez eux ce soir-là.
Avant de repartir, Nong tient à réparer mon phare et à m’offrir un drapeau pour être mieux vue. Ce même phare que j’avais cassé en Ardèche en tout début du tour du monde est enfin remplacé et j’ai désormais une manche à air ultra light en forme de poisson qui me suit.

Nong connaît du monde, il envoie un signal à Bangkok, qui avise de mon arrivée. Je ne me doutais pas de ce qui allait m’attendre là-bas !

Petites collections des trucs bizarres à manger :

 Floating market

C’est toujours un pincement au cœur de quitter des personnes aussi formidables, mais je dois continuer ma route. La région au sud Bangkok est constituée de grandes plaines de sel et de rizières où serpentent de nombreuses rivières. Juste avant la capitale, je m’arrête voir les marchés flottants d’Amphawa et de Damnoen Saduak où les fruits et les poulets sont vendus d’une barque à l’autre.  Après la rivière, le marché continue jusqu’à la voie ferrée où un petit train rouge dessert la capitale. J’y vois l’opportunité d’une virée en train m’évitant les habituels quartiers glauques des banlieues à l’approche des capitales.

Banquet à Bangkok pour une sans abris

J’arrive un peu tard à Bangkok, et je suis contente d’avoir un nouveau phare, car le périphérique à 20h, je peux vous dire, c’est sport. Je me trouve une petite auberge pas très loin du lieu de rendez-vous. C’est aussi juste à côté du célèbre temple Wat Arun, là où je suis attendu le lendemain matin par un ami à Nong.  

Un monsieur m’interpelle dans la rue, c’est Manee, du club de vélo. Evidemment, je suis moins discrète que n’importe quel touriste. Il me fait rejoindre Professeur Thongchai Panswad, le président du Thailand Walking and Cycling Institute (TWCI), qui fut prévenu de mon arrivée. On est assis avec sa compagne Nancy à la terrasse du restaurant à 8 heures du matin et je me rends compte qu’il y a en fait toute une partie du club de Bangkok qui sont assis à toutes les tables en terrasse derrière nous.

Je n’en reviens pas, ils se sont déplacés pour me rencontrer…. Qu’est-ce que je vais bien pouvoir leur dire. Mes hôtes ne manquent jamais d’humour, on se marre toutes les cinq minutes. J’ai le privilège d’être invitée aux visites officielles des plus beaux monuments, dont le Grand Palais et le temple Arun.

L’ambiance est festive et joyeuse. Je me régale au déjeuner d’une cuisine raffinée dans un restaurant sur les toits offrant la plus belle vue de la capitale, sur la rivière Chao Phraya qui nous sépare des mille couleurs de la coupole en porcelaine du Prang de Wat Arun.

Thong et Nancy son épouse, ainsi que le TWCI (Atjima Mee, Chompoo Sarat, Manee Panchinda … ) ont tout prévu, tout organisé. Totalement impressionnée, je me laisse porter dans cette journée magnifique.

Une équipe de tournage nous suit à travers Bangkok, je porte les couleurs du club local et au fil des interviews, nous échangeons sur ce qui nous conduit aussi longtemps sur la route, avec ses espoirs et ses épreuves, l’histoire de la Thaïlande, le bouddhisme, la science, les étoiles. Je suis même escorté à vélo jusqu’à l’ancienne capitale royale Ayutthaya.

Ce n’est pas suffisant d’écrire pour rendre compte de la beauté de ces rencontres que je fais au cours d’un si long voyage. Passage éphémère dans un périple itinérant qui restera pour toujours dans mon cœur.

Début des choses sérieuses

La traversée de la Thaïlande continue avec des montées raides sur le plateau central. Les petits villages sont vraiment perdus dans les collines, c’est mignon, mais super raide par endroits. Je suis assez éclaté par les étapes difficiles avec des montées autour de 18%.

Je fais une pause de quelques jours au Parc Khao Yai où j’y aperçois des éléphants. Ils sont assez loin, d’abord un troupeau de femelles, puis un mâle seul dans une prairie. Un jour, j’aimerais les voir de près. Le temps file et le visa de 30 jours touche à sa fin. Je dois donc vite filer vers le Nord. C’est assez rébarbatif et je commence à avoir envie de passer à autre pays.

Le Mékong marque la fin de la Thaïlande à Nong Khai, avec le pont de l’amitié qui traverse jusqu’au Laos. Il y fait déjà un peu plus frais, ce qui présage de meilleures conditions pour traverser le prochain pays. Le Mékong apaise et je trouve les visages plus détendu et plus souriant que sur le reste de la Thaïlande. D’ici, je calcule vaguement l’itinéraire vers le Nord du Laos et le dénivelé qui m’attend est assez vertigineux, parfois en seulement 200 km, il y a presque 5000 m de dénivelé positif. Ce n’est que le début pour s’approcher de l’Himalaya.

J’espère avoir une bonne météo pour ces prochaines étapes de moyennes montagnes.

Inshallah

Publié par Sandrine

Sandrine ROY | circumnavigating the globe since 2020 and cycling across the continents.

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